Petr Král, lauréat du Prix Jean Arp 2016

 

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Lauréat 2016

PRIX JEAN ARP

DE LITTÉRATURE FRANCOPHONE

Parrainé par l’Université de Strasbourg

Le Prix Jean Arp 2016 est attribué à PETR KRÁL (République tchèque), né à Prague en 1942, arrivé en France en 1968, écrivain de langue tchèque et de langue française, pour l’ensemble d’une oeuvre multiforme, des poèmes aux récits, des essais aux notes de journal, qui, par-delà les frontières et les cultures, définit un espace ironiquement métaphysique et étrangement quotidien, entre l’émerveillement et le burlesque.

Le Prix Jean Arp est décerné chaque année dans les salons du restaurant Chez Yvonne, à Strasbourg, à un écrivain de langue française dont le travail est particulièrement remarquable par l’originalité et la qualité de son écriture comme par la force de sa vision. Le Prix se fixe pour but de promouvoir la diversité de la création littéraire de la langue française face au rouleau compresseur de la marchandisation du livre et de la mondialisation de l’édition. Le Jury du Prix Jean Arp est placé sous l’autorité de l’Association EUROBABEL, aux côtés du Prix Européen de Littérature, du Prix Nathan Katz du Patrimoine et du Prix Nelly Sachs, prix associé.

La liste des lauréats est la suivante : 2004 : JEAN MAMBRINO (France) ; 2005 : HENRI MESCHONNIC (France) ; 2006 : MARCEL MOREAU (Belgique) ; 2007 : BERNARD VARGAFTIG (France) ; 2008 : ANISE KOLTZ (Luxembourg) ; 2009 : PIERRE DHAINAUT (France) ; 2010 : DENISE DESAUTELS (Québec) ; 2011 : VALÈRE NOVARIA (France-Suisse) ; 2012 : SILVIA BARON SUPERVIELLE (France-Argentine) ; 2013 : MARCEL COHEN (France) ; 2015 : JACQUES ABEILLE (France) ; PETR KRÁL (République tchèque)

Site officiel : http://www.eurobabel.net/
Contact : contact@eurobabel.net

Petr Král

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REPÈRES BIOGRAPHIQUES

Petr Král est né à Prague en 1941. Il fréquente le groupe surréaliste tchèque de Vratislav Effenberger, mais quitte en 1968 son pays natal pour Paris où, à la suite de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques en août de la même année, il s’installe complètement. Comme son aîné Milan Kundera, il trouve dans le français une seconde langue et dans la culture française une patrie d’adoption. Son œuvre est ainsi double, tchèque puis française, tchèque et française. Préfaçant un livre de Petr Kral, Milan Kundera écrivait : «Savoir regarder, savoir s’étonner des moindres faits quotidiens, ceux que l’on ne voit pas, que l’on ne voit plus : telle est la démarche de Petr Kral.»

Auteur d’essais remarquables, comme sa recherche sur Le Burlesque (1984), traducteur de la littérature tchèque ( La Poésie tchèque moderne, 1990), Petr Král est avant tout poète. « Écrire, note Alain Roussel, est pour Petr Král, une façon de marcher. C’est un poète de la présence, dans sa façon d’être, de vivre, de voir. La métaphysique qu’il revendique, d’une mélancolie rieuse, ne se situe pas au-delà de la réalité, mais se révèle en elle par des signes à peine visibles qu’il faut apprendre à lire, ce qui nécessite toute une préparation intérieure. »

En 2006, Petr Král, sans rompre ses liens intimes avec la France et le français, est retourné vivre en République tchèque. Un ouvrage a été consacré, par les soins de Pascal Commère, dans la collection « Présence de la poésie » à l’ensemble de l’œuvre de Petr Kral (éd. des Vanneaux, 2014).

OUVRAGES PUBLIÉS

Poésie : Routes du Paradis, lithographies de Jean-Philippe Domecq, Bordas, 1981 ; & Cie, Collection Inactualité de l’Orage, 1982 ; Du gris nous naissons, Collection Inactualité de l’Orage, 1982 ; Pour une Europe bleue, Arcane 17, 1985; Témoins des crépuscules, Champ Vallon, 1989; Sentiment d’antichambre dans un café d’Aix, P.O.L., 1991 ; Le droit au gris, Le Cri, In’hui, 1994 ; Arsenale, Arcane 17 / MEET, 1994 ; Quoi ? quelque chose, Obsidiane, 1995 ; La Vie privée, Belin, « L’Extrême contemporain », 1998 ; Le Poids et le frisson, Obsidiane, 1999 ; Pour l’ange, Obsidiane, 2007

Prose : Christian Bouillé, Kerckerinck, 1979 ; Le Burlesque ou Morale de la tarte à la crème, Stock, 1984 ; Les Burlesques ou Parade des somnambules, Stock, 1986 ; Jaroslav Seifert : Les danseuses passaient près d’ici, Actes Sud, 1987 ; Prague, Champ Vallon, 1987 et 2000 ; Prague, 1968, Centre national de la photographie, 1990 ; Fin de l’imaginaire ou Au-delà des avants-gardes, Ousia, 1994 ; Le Dixième, Éditions du mécène, 1995 ; Aimer Venise, Obsidiane, 1999 ; Notions de base, préface deMilan Kundera, Flammarion, 2005; Enquête sur des lieux, Flammarion, 2007; Vocabulaire, Flammarion, 2008 ; Cahiers de Paris, Flammarion, 2012

Traductions: La Poésie surréaliste tchèque et slovaque, Gradiva, 1973; Le Surréalisme en Tchécoslovaquie, Gallimard, 1983 ; La Poésie tchèque moderne, Belin, 1990 ; La Poésie tchèque en fin de siècle, Sources, 2000 ; Anthologie de la poésie tchèque contemporaine, Gallimard, 2002.

Le Prix Jean Arp

Le Prix Jean Arp de Littérature Francophone distingue, pour l’ensemble de son œuvre, un poète ou prosateur francophone de premier plan, dont le travail est particulièrement remarquable par l’originalité et la qualité de son écriture comme par la vigueur et l’amplitude de sa vision. Le Prix Jean Arp de Littérature Francophone se fixe pour but de promouvoir la diversité de la création littéraire de langue française, face au rouleau compresseur de la marchandisation du livre et de la mondialisation de l’édition. Donner leur juste place à des voix fortes et singulières, qui illustrent la vitalité de la littérature de langue française en dépit de la dureté des temps – mais les temps ont-ils jamais été faciles pour les vrais créateurs ? –, voilà qui ouvre un large espace, à rebours du confinement où nous enferment les conformismes ambiants, qu’ils soient commerciaux, médiatiques ou idéologiques.

JEAN ARP

Le choix de Jean Arp comme figure tutélaire du Prix symbolise pour le Jury le refus de toutes formes de complaisance ou, à l’inverse, de dogmatisme. Car il est peu d’artistes qui aient été d’une aussi intransigeante indépendance que lui et dont l’œuvre soit marquée d’une aussi irréductible originalité.

Cofondateur du mouvement Dada à Zurich en 1916, Jean Arp, né à Strasbourg en 1886 et mort à Bâle en 1966, est l’un des plus grands créateurs modernes. Artiste polymorphe, s’exprimant aussi bien à travers dessins, collages, reliefs et sculptures qu’à travers l’écriture, Jean Arp est l’auteur d’une œuvre littéraire d’une exceptionnelle originalité et cohérence : « Si par impossible, écrivait-il, j’étais obligé de choisir entre l’œuvre plastique et la poésie écrite, si je devais abandonner, soit la sculpture, soit les poèmes, je choisirais d’écrire des poèmes. »

Jean Arp, écrivain français ou écrivain francophone ? Comme pour tous les écrivains francophones, la langue française n’est pas pour Arp une donnée, mais un choix. Né dans une terre alors de langue allemande, Arp n’a cessé pourtant tout au long de son itinéraire de créateur de construire une œuvre littéraire en langue française, depuis les textes publiés dans les revues Dada parisiennes jusqu’aux Jours effeuillés parus aux éditions Gallimard en 1966.

Ce choix du français conjointement à une autre langue acquise dès l’enfance symbolise parfaitement la position de l’écrivain dans les pays de la francophonie, souvent multilingues, où la langue française est une conquête amoureuse plus qu’une simple habitude.

LE JURY

Placé sous la Présidence d’honneur de Claude Vigée, le Jury du Prix Jean Arp de Littérature Francophone est composé d’écrivains, d’éditeurs, de responsables culturels et d’universitaires. Il comprend 12 membres : Michèle Finck, Vladimir Fisera, Jacques Goorma, Jean-Paul Klée, Pascal Maillard, Jean-Yves Masson, Jean-Baptiste Para, Gérard Pfister, Anne-Marie Soulier, Albert Strickler, Marc Syren et Jean-Claude Walter.

Le secrétariat du Jury est assuré par Jacques Goorma et la coordination du Prix par Pascal Maillard.

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